Comme beaucoup de personnes de ma génération, je suis tombé dedans dans les années 90. À cette époque, pas d’Internet, pas de YouTube, pas de plateformes de streaming. Pour découvrir de nouveaux artistes, on n’avait que la radio, un peu la télévision, et surtout… les rencontres. Pourtant, malgré ces moyens limités, les styles musicaux étaient plus variés qu’aujourd’hui. Le rock, le grunge, le heavy metal avaient une place bien plus importante entre la pop, le disco et la variété.
Des groupes comme Nirvana (qui marquait le début du grunge) ont laissé une empreinte indélébile. Je me souviens encore de ce matin où j’ai appris la disparition de Kurt Cobain. J’étais au collège, et cette nouvelle m’avait profondément attristé.
Bien sûr, il y avait aussi des groupes plus populaires comme Scorpions, Aerosmith, Metallica ou Guns N’ Roses, qu’on pouvait entendre à la radio ou voir dans le Top 50, voire sur MTV. Pour moi, c’était l’âge d’or de ce type de musique dans les médias. Le rap avait déjà fait son apparition, mais il était bien moins omniprésent qu’aujourd’hui.
À cette époque, mon père nous avait proposé, à mon frère et moi, d’apprendre un instrument. Nous avons commencé par l’orgue dans une maison des jeunes. Ma grand-mère, si fière de nous, nous avait même suggéré d’aller jouer le dimanche matin à l’église. Mon frère a rapidement abandonné pour se consacrer à une autre passion, tandis que j’ai persévéré pendant cinq ans. J’avais réussi à convaincre mon père de m’acheter un synthétiseur, et j’y passais des heures.
Vers l’adolescence, voulant paraître plus "cool", j’ai commencé l’apprentissage de la guitare. Totalement autodidacte, j’ai fait mes premières armes sur une guitare que mon père avait rapportée d’Italie. Les débuts furent difficiles : aucune note ne sonnait juste. Je tentais de reproduire des musiques comme L’Agence tous risques ou Inspecteur Gadget. Puis, enfin, j’ai acheté des magazines avec des tablatures – quelle invention de génie !
Quelques années plus tard, j’ai investi dans ma première guitare électrique, une Cort. Un copain m’avait prêté son ampli, et ce fut l’occasion de monter un groupe. Pendant quatre ans, nous répétions dans le garage de mes parents. Nous côtoyions d’autres groupes, bien plus branchés metal, qui m’ont fait découvrir des artistes comme Helloween (mon groupe préféré), Manowar, Megadeth, Angra…
C’est là que j’ai découvert toute la richesse du metal et la diversité de ses styles, qui n’ont cessé d’évoluer au fil des années. Ce fut le moment où j’ai basculé du côté obscur, où le metal est devenu mon style de prédilection.
Ce n’était que le début. Mes rencontres m’ont permis de découvrir encore plus de musiciens, d’assister à des concerts inoubliables. Puis est arrivé Internet, et surtout les radios en ligne, qui m’ont ouvert les portes d’un univers encore plus vaste. Aujourd’hui, je suis branché 24/24 sur La Grosse Radio Métal, une station qui passe aussi bien des vieux tubes que des nouveautés, des groupes ultra-connus (Metallica, Iron Maiden) que des pépites méconnues (Myrtah, Magoyond…).
Bref, je t’invite à découvrir cet univers si tu ne le connais pas encore.
Tout d’abord, en tant que musicien, je ne peux pas faire l’impasse sur le côté technique. Quand on apprend la guitare et qu’on parvient enfin à jouer Painkiller de Judas Priest, on ressent une fierté immense. Ce morceau est rapide, et il faut des années d’expérience pour en maîtriser le riff principal, puis les solos.
Bien sûr, la technicité de la guitare ne vaut rien si les autres instruments ne suivent pas. Il y a le bassiste qui enchaîne les notes à une vitesse folle, les batteurs avec leurs doubles pédales, leurs breaks et leurs rythmes changeants, les synthés qui apportent de l’ampleur et peuvent même rivaliser avec les guitaristes en solos. Et enfin, le chanteur, qui peut être lyrique comme Angra, guttural comme Amon Amarth, ou black metal comme Cradle of Filth. Sans oublier des groupes comme Arch Enemy, Infected Rain ou Jinjer, qui alternent entre growls mélodiques et chant clair, plus traditionnel.
Je ne citerai pas ici tous les sous-genres du metal – je le ferai dans un prochain article. Mais voici les raisons principales pour lesquelles cette musique est ancrée en moi, si profondément qu’elle en vient parfois à exaspérer ma famille, surtout mes enfants, qui écoutent plutôt du rap. Pourtant, tous les styles se valent, mais le rap… disons que ça m’écorche un peu les oreilles. Le plus difficile reste de leur prouver que le metal est riche, puissant, et ne se limite pas à des chanteurs qui "vomissent" dans le micro.
Signé : Joss Ollis, forgeron de riffs et de mots